Ruta del vino – Chile

English version below the French

La majorité des vignobles chiliens est concentrée sur la région centrale du pays, de la vallée de Malleco au sud, à la vallée d’Aconcagua au nord de Santiago, soit un peu plus de 600 km de vignes. D’autres vallées plus au nord, bénéficient d’un climat plus chaud et produisent du raisin principalement destiné au pisco (une nouvelle passion, on y reviendra un peu plus tard…)

Les cépages sont plantés selon les conditions géographiques et climatiques de l’environnement au sein duquel ils sont introduit. Ainsi, le climat frais et maritime de la région de Casablanca, sur la côte pacifique favorise la pousse de Pinot Noir, Syrah et Sauvignon Blanc, tandis que la sécheresse et la chaleur de la vallée de Colchagua (qui plus est coincée entre les deux cordillères, andine et costale) tend à donner des vins plus ronds, plus tanniques, plus alcolisé caractéristiques des Cabernet ou Carménère.

Notre itinéraire ‘Ruta del Vino’ est parti de la région de Santiago jusqu’à la vallée de Maule, vers le sud, puis a repris vers le nord pour visiter la vallée d’Elqui et son pisco.

Et nous voilà partis dans un pot de yaourt sur 4 roues (qui tremble dès qu’on passe la 4ème), sans clim bien sûr, sous 30 degrés tout naturellement… Miraculés, nous arrivons chez Gillmore, dans la vallée de Maule. Tim se remettant du voyage à l’eau minérale + tolérance 0 au volant = vas y ma grande, va déguster solo et balancer ton maigre espagnol à la gentille dame qui ne parle ni ne comprend un mot d’anglais mais te parle dans sa langue maternelle à la vitesse de l’éclair… Heureusement qu’on peut apprécier le vin sans piper mot. Du rouge, du rouge, du rouge! De beaux vins, à fond sur le fruit, parfaitement équilibrés grâce à une fraîche acidité. Leur vin phare est le “Vigno”, un Carignan qui ne pousse que sur leurs plus vieilles vignes (ici 50 ans, mais ça peut aller entre 200 et 300 ans pour d’autre vignobles!), et produit par méthode ancestrale (pas celle du Champagne), propre à la région, berceau de la viticulture chilienne. Beaucoup de petits producteurs contribuent à la popularité de ce vin, authentique, autrefois assimilé à leur vin de table.

Petite parenthèse, le Chili est un des rares pays sur cette planète a ne pas avoir été touché par le phylloxéra (maladie de la vigne provoquée par l’insecte rongeur du même nom), ce qui explique la longévité de beaucoup de vignes.

Un autre cépage à être cultivé sur ces vieilles vignes de la Maule est le País, un ancien cépage, 100% chilien, remis au goût du jour par des vignerons soucieux de faire parler le terroir. Très nature, il est souvent sans sulfite et non filtré, et son jus très fruité a un petit côté terreux bien rustique qui nous plait bien. On a gouté celui de chez Viña Maitia, le Aupa Pepiño (sur des vignes de 120 ans). Léger, facile à boire avec une bonne longueur en bouche, à servir frais, très agréable quand la chaleur tape. Et c’est fait par un basque! On retrouve des vins à base de País (souvent assemblé au Carignan) encore plus au sud, dans les régions d’Itata et de Bio-Bio. Ces 3 régions ont été frappées par un terrible tremblement de terre en 2010. Beaucoup ont tout perdu : chai, récolte, stock… Six ans après, c’est toujours difficile, mais une nouvelle génération de vignerons, un peu obligés de repartir de zéro, reprend les choses en main et font revivre la viticulture sudiste tout en s’amusant. Si vous passez par ces régions du sud, rendez vous chez ces producteurs et achetez quelques bouteilles, c’est du soutien!

Notre prochain arrêt, en remontant la Ruta Panamerica 5, est Disneyland la vallée de Colchagua. Après être passés par le charmant petit village de Lolol, et avoir goûté le (très couillu) Carignan de Villalobos, nous arrivons à Santa Cruz (ça fait rêver, hein?). Cette ville moyenne, sans charme particulier à notre goût est bordée par les magnifiques vignobles de la vallée de Colchagua. Et c’est parti pour deux jours d’attractions de dégustation non stop! Ici c’est à qui aura le plus gros complexe, désigné par l’architecte le plus réputé. On ne visite pas un vignoble pour la qualité de son vin mais pour la magnificence de son chai. Bon ok, j’exagère, mais l’histoire manquant tellement d’authenticité, ça nous a cloué.

On s’est rendu dans des “petites” maisons et des plus grosses. On a gouté des Cabernet, des Carménère, des Sauvignons blanc (généralement plantés plus au nord), des Syrah, Chardonnay, Merlot, un peu de tout pour ne manquer de rien. Du très bon, du moins bon, dans des cadres incroyables, des vignes à perte de vue, les montagnes en arrière plan. Et Tim se fout maintenant royalement de la tolérance zéro.

Petit brin d’histoire sur le Carménère. A l’origine cépage français largement planté dans le Médoc, il est importé au 19ème siècle par les chiliens qui pensent alors planter du Merlot. En 1994, un chercheur français s’aperçoit que certaines feuilles du supposé Merlot chilien arborent un beau rouge automnal, spécificité du… Carménère! Et voilà comment en un claquement de doigts, les étiquettes ont changé sur les bouteilles. Je vous l’ai faite (très) courte, mais on y a eu droit à chaque visite à cette histoire, plus ou moins bien racontée, avec jeu de devinettes en option, ça durait des plombes à chaque fois.

Revenons sur la route et prenons la directions de la Viña Las Niñas, notre coup de coeur à Colchagua. Niché dans la (sous) vallée d’Apalta (tous ces noms… je sais), ce “petit” vignoble est le fruit d’un travail 100% féminin (et français). Le cadre est d’enfer, passé le chai (un bloc de béton assez laid, mais désigné par un grand nom, alors on se tait). Les vins, de petits joyaux, sans prétention, aux assemblages étonnants mais réussis. De la fraîcheur, de la finesse, beaucoup de fruits, un bel équilibre, un régal pour le palais. D’habitude très réticente à la vue d’une inscription Carménère (je n’arrive pas à me faire à ce goût mentholé), le leur m’a enchanté. Le meilleur pour la fin, “El Guapo” (assemblage Cabernet Sauvignon/Merlot/Carménère), 2000 bouteilles par millésime, une petite bombe. On finit cette belle dégustation avec un petit pique-nique dans le vignoble et on se remet en route.

Avant de retourner sur Santiago, on s’arrête rapidement dans la vallée de Cachapoal (à vos souhaits), aux pieds des Andes, autour du petit village de Requinoa. Magnifique.

Après avoir involontairement ignoré les régions de Maipo et Casablanca, on se dirige vers la vallée d’Elqui, à 400km au nord de Santiago. Le climat y est désertique mais les nuits sont fraîches et favorisent la pousse du raisin. On y trouve un peu de tout, mais la production de vin est très faible. Ici, le roi c’est le Pisco.

Le Pisco est un brandy, une boisson distillée donc, à base de raisin.

On s’est rendu à la Pisquera Aba, à Vicuña dans la région de Coquimbo (seule région avec celle d’Atacama, juste au dessus, autorisée à produire le pisco), pour en savoir un peu plus.

Cinq cépages sont essentiels à la production du pisco : le Muscat d’Alexandrie, le Muscat rose à petits grains, le Torontel, le Moscatel de Austria et le Pedro Jimenez. C’est le minimum. Ca fermente, ça bout, ça s’évapore et ça se met en bouteille. Ca se boit pur ou en cocktail, le fameux Pisco sour, notre tisane du soir pendant un mois. Une bonne dose de Pisco, du jus de citron/citron vert, un blanc d’oeuf, avec ou sans sucre, passez le tout au shaker, dégustez et surtout oubliez ce bon vieil Aperol Spritz, que vous ne trouverez nulle part ici, et c’est tant mieux.

Un peu comme en Argentine (et partout ailleurs), se rendre chez les vignerons/winemakers indépendants est compliqué au Chili. Le manque de temps et de moyens ne leur permettent pas d’ouvrir leurs vignes au public ou d’avoir un espace pour recevoir. Et quand on n’a pas les bons contacts… Heureusement que les cavistes et restaurants sont là pour faire l’intermédiaire. Ils sont des acteurs essentiels de cette industrie grande famille du vin et ici au Chili, ils sont jeunes, très passionnés et on a l’impression que c’est le bonheur total pour eux de partager leurs connaissances. Ca a été un vrai plaisir d’échanger avec eux, à chaque fois. Les vins y sont certes un poil plus cher (et on voyage avec un budget ricrac, et on veut tout goûter), mais on trouve beaucoup d’artisanal et de nature. Pour résumer, es meilleurs dégustations au Chili se font en ville (devrais-je dire “à la capitale”), au restaurant, dans les caves et … chez soi.

Je crois bien que le {bon} vin, c’est fini pour un petit moment. A la prochaine Ruta del Vino…

Mathilde (& Tim)

English Version

Apalta valley

RUTA DEL VINO CHILE

Most of Chilean vineyards are concentrated in the central region of the country. They stretch from Malleco Valley in the south to the Aconcagua Valley north of Santiago, a little bit more than 600km of vines. Some other valleys in the north, get a hotter climate and produce grapes in order to make Pisco, one of our new passions (we’ll explain later). Grape varieties are planted according to geographical and climate conditions of the environment in which they grow best.

In this way, cool and maritime climate of the Casablanca region, on the Pacific coast, produce mainly Pinot Noir, Syrah and Sauvignon Blanc whereas dry and hot Colchagua (stuck in between the two mountains ranges tends to give rounder wines, more tannic, higher in alcohol, characteristics of Cabernet or Carmenere.

Our “Ruta del Vino” itinerary started from Santiago region towards south to the Maule Valley, then went towards north to visit the Elqui Valley and its famous Pisco.

And here we go, on a four wheels yogurt pot (shaking passed the fourth gear), without AC of course, under 30 degrees naturally. The first tasting of the journey is at Gillmore and I go solo. Tim was recovering from the trip on mineral water + zero alcohol driving policy = go on girl, go tasting and throw out all the Spanish you know to the lady who does not understand or speak a word of English and speak in her mother tongue with the pace of a horse commentator. Thankfully, you don’t need to understand to appreciate. Reds, reds, reds! Beautiful wines, superbly fruity, perfectly balanced with a fresh acidity. Their flagship wine is the “Vigno”, a Carignan that grows on their oldest vines that are here 50 years old (but it it can go up to 200 to 300 years old for some vineyards), produced by ancestral method, proper to the region, the Chilean viticulture birthplace. A lot of small producers contribute to this authentic wine popularity.

Let’s digress for a second : Chili is one of the very few countries which hasn’t been touched by the phylloxera (a vine disease spread by the insect of the same name), which explains the longevity of certain vines.

Another famous grape variety growing on these old vines is País, an old variety, exclusively Chilean, coming back to light thanks to independent producers, conscious of their heritage and proud of their ‘terroir’. Natural wine, it is often sulfites free and unfiltered, its fruity juice has a pronounced earthy taste, quite rustic, that we loved. We tried the Aupa Pepiño from Viña Maitia (grown on 120 year-old vines). Light, easy drinking with a surprising long finish, to be served slightly chilled, it is very enjoyable on a hot day. You can find these País based wines (often blended to Carignan) in further south regions of Itata and Bio Bio too. These three regions were hit by a serious earthquake back in 2010. Some lost everything : vines, harvest, stock… And six years later it is still difficult to stand back but a new generation of young winemakers, who have to start from scratch is bringing the southern wine culture back while having fun. If you happen to be around these places, go and buy a few bottles, and support this movement.

Our next stop, going back up on the Ruta Panamerica 5, is Disneyland Colchagua Valley. After passing through the charming village of Lolol and tasting the (very ballsy) Villalobos Carignan, we arrived in Santa Cruz. This middle size town, without any particular charm, is surrounded by Colchagua’s stunning vineyards.

Here we go for two days of non stop tastings. The bigger your complex is, the better. If it has been designed by a famous architect, it is a plus. We were actually surprised of how show off it was. By what we had experienced I felt that you do not visit a winery for its wine quality anymore but for the winery’s magnificence itself. Slightly exaggerated ok, but the lack of authenticity left us disappointed.

We visited small companies and bigger ones. We tasted Cabernet, Carmenere, Chardonnay, Merlot, Syrah and Sauvignon Blanc (generally planted further north, in a better suitable climate). Some very good ones, some more average, in front of incredible landscapes, never ending rows of vines with mountains in the background. And now Tim can’t give a … of the zero tolerance policy.

Quick touch of history on the Carmenere. Originally a french variety, widely planted in the Medoc, Bordeaux, it is imported by Chileans in the 19th century, mistaken by thinking it was Merlot they were planting. In 1994, a French researcher realised that some leaves of the Merlot are showing beautiful autumnal red colours, proper characteristics of the … Carmenere. And that’s how in a second, labels changed on bottles. I’m shortening it a lot but we heard it every single time we got to taste a Carmenere, more or less well told and with a guessing game as an option. It always took forever.

Let’s come back on the road and take the direction of Las Niñas, our highlight in the Colchagua. Hidden in the (sub) Valley of Apalta (all these names, I know), this “small” vineyard is the result of work 100% by women (and French). The place is top, passed the winery (an ugly concrete block but built by a renowned architect, so we leave it at that!). The wines, beautiful little gems, without flashiness, with interesting blending and successfully made. Fresh, fine, fruity, balanced, pleasure for the palate, full stop. Usually concerned when I am about to try a Carmenere (I can’t get used to menthol taste), I was enchanted by theirs. The best for the end, always, we got to try a beautiful blend of Cabernet Sauvignon/Merlot/Carmenere, named “El Guapo” (the handsome), a little bomb which/whose production reaches 2000 bottles per vintage. We end this great tasting by a pic-nic in the middle of the vines and hit the road again.

Before heading back to Santiago, we made a quick stop over in Cachapoal Valley, at the bottom of the Andes, around the village of Requinoa, where the scenery is incredible.

After involuntary ignoring the Casablanca and Maipo region, we headed to the Elqui Valley, 400km north of Santiago. It is a desert climate there, but the nights are cool and enable the grapes to grow. You can find a bit of everything, wine wise, but the king here is the Pisco.

Pisco is a brandy, a distilled spirit, made from grapes.

To know a bit more about it, we went to the Pisquera Aba, in Vicuña, Coquimbo region (the only region with Atacama to be allowed to produce Pisco in Chile). Five different grape varieties are necessary in the Pisco making : Muscat of Alexandria, Muscat rose à petits grains, Torrontes,  Moscatel of Austria and Pedro Jimenez. This is the bare minimum. We saw it fermenting in big barrels. It will then be brought to the boil, evaporates (distilled) and bottled. You can drink neat or as a cocktail, the famous Pisco sour! A good measure of Pisco, some lime or lemon juice, an egg white, with or without sugar, give it a good shake, serve, drink and please forget the good old Aperol Spritz, that you’ll find nowhere here anyway. And we are happy about it.

Comparable to Argentina (and everywhere else, we realised as we went), meeting with the “small”, less known and more authentic winemakers is difficult in Chile. The lack of time and money doesn’t allow them to have a cellar door or receive people. And if you don’t have the right contacts, it is a bit tricky… Thankfully, restaurants and independent wine shops play the mediator between them and us. They are essential in this industry big family and here in Chile, they are young, passionate and always more than happy to share their knowledge and give away little tastings. It was a real pleasure to exchange with them, every time. Wines will obviously be a bit more expensive than at a cellar door (and we travel on a budget. and we want to try them all) but you find a lot of the artisan and natural ones. Meaning that the best tastings in Chile are often being held in the city, at the restaurant mainly, wine shops and later on at home.

I have the feeling that (good) wine discoveries are over for a little while… Until the next Ruta del Vino.

Mathilde (& Tim)

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