From Santiago to Valparaíso

English Version at the bottom.

Nous sommes arrivés à Santiago un peu n’importe comment. On avait prévu de remonter vers la capitale par la route des vins, puis on a préféré prendre un bus de nuit bondé, que rester une minute de plus dans la ville de Concepción. Rien n’est réservé, et on ne sait pas grand chose de Santiago (on voyage sans guide jusqu’a présent, quelle bonne idée).

On arrive à 6h du matin à la station de bus. L’animation nous réveille. La vendeuse de sandwich à l’avocat range son bazar, elle a finit. A 6h du mat! On se met en route vers la seule auberge de jeunesse où il reste encore quelques lits, direction le plein centre. On ne rate pas l’occasion d’expérimenter la technique “je-t’asperge-de-moutarde-mais-tu-sais-pas-d’où-ça-vient-je-viens-t’essuyer-et-au-passage-je-te-pique-ton-sac”. Malheureusement, ça ne marche pas pour eux, Tim n’est pas dupe. Il n’empêche que je suis couverte de moutarde. Sympa Santiago, je le sens bien.

Continuons sur notre lancée alors, arrivée à l’auberge la plus dégueulasse d’Amérique Latine (je vous épargne les détails), aux murs en papier de soie qui séparent mon lit de taularde du caisson de basse qui balance tout ce qu’il peut H24. Ceci, précédé par la perte de notre e-reader, et suivi de la casse du meilleur zoom de notre appareil photo! Enchantés Santiago.

Plaza de armas Santiago

On relativise, notre mésaventure est relativement mignonne, on n’est pas obligé non plus de rentrer à la maison.

On déménage dès le lendemain, dans un quartier sympa. Pendant trois jours, Santiago ça a été des super rencontres, du soleil non stop, de la chaleur, des pisco sour, des grandes balades, du street art, du vin et un des meilleurs resto de notre voyage. La ville est peuplée de petits quartiers colorés, de spots branchés. C’est convivial et simple. Comme un pied de nez à la triste réalité de leur passé. Santiago est créative, artistique. On se croirait parfois dans l’est londonien. Ça ne se la raconte pas. On se sent tous les deux happés par l’énergie de cette ville.

Jusqu’à présent fâchés avec la gastronomie chilienne, on est allé se réconcilié chez Bocanáriz, dans le quartier de Lastaria, un petit resto et cave à vins, qui a grandi et est devenu un rendez vous majeur de la scène foodie locale. Un tartare de boeuf aux notes de citron (l’alternative viandarde de la ceviche), du lapin braisé, betterave et purée au manchego et puis les gnocchis à la carbonara ou la purée d’olive caramelisée et filet de saumon mi cuit… Une cuisine fusion dont on a couru après pendant le reste de notre temps au Chili. Et qu’on n’a jamais retrouvé… Une belle carte 100% vins “d’auteurs” des meilleures maisons indépendantes du pays. Et on peut quasi tout commander au verre! On s’est vraiment lâché ce soir là.

Le lendemain aussi on s’est lâché. On a rencontré les super proprio de Xoco Por Ti, dans le Barrio Italia. Un couple franco-chilien. Ils font des glaces au chocolat, qu’au chocolat. Les meilleures du monde. Avec du cacao péruvien ou colombien, qu’ils sélectionnent eux même et qui donne un résultat divin. C’est la premiere fois que je mange une glace 100% cacao, la plus forte, j’ai risqué le truc. Oui c’est amer, très peu sucré, puissant, incroyable. Une découverte. J’espère qu’il vont vite venir s’installer en Europe.

On a bien sûr essayer d’aimer leurs empanadas, mais c’est vraiment de l’autre côté des Andes que ça se passe. Ce qu’on avouera même à quelques chiliens qui nous répondent à chaque fois que c’est parce qu’on a pas encore goûté celles de leurs grand-mères. Ok, et elle est où ta grand-mère?…

Alors on s’est empiffré de churrasco. Le churrasco c’est très bon, c’est un peu comme un burger. Tomate, avocat, mayo, la base. Et des fines lamelles de boeuf fumé et braisé, qui cuisent dans leur jus. C’est trop cuit, bien évidemment mais c’est bon. Tim en a fait un avant de partir, un délice. Pas aussi bon que celui de Al La’O à Santa Cruz, mais que voulez-vous, il n’est pas chilien. Je ne veux pas résumer la gastronomie chilienne au churrasco, c’est pas sympa. C’est comme si on résumait la gastronomie française au jambon beurre, on expliquerait tous deux, trois trucs à quiconque oserait… Mais bon, j’ai pas trouvé mieux. Ce qui est dommage, c’est qu’ils ont de merveilleux produits (bien meilleurs qu’en Argentine), fruits, légumes, poissons, des marchés incroyables partout. Et les enfants sont gros, ils vont au supermarché acheter du coca et mangent des churrasco.

On serait bien resté une semaine de plus, facile. Mais il est temps de partir pour la très attendue Valparaiso, la ville des artistes, à une heure de route de la capitale, sur la côte.

Valparaiso, en bref. Ça monte et ça descend non stop.

La ville est tatouée de graffitis des pieds à la tête. C’est impressionnant! Le vrai village d’artistes, j’imagine que ça doit être facile pour certains de rester bloqué ici. La ville ne dort jamais. Du soir au matin, du matin au soir, des mecs à tous les coins de rues, grattant leur guitare, se réchauffant sur leurs perçus. Ca chante, ca boit, ca rit à n’importe quelle heure et c’est normal.

Valpo (comme ils l’appelle ici) n’est pas non plus hors réalités. La ville est très touristique. Il y’a des dizaines de visites guidées par jour, par groupe de 30, gâchant quelque peu l’authenticité des “cerros” les plus typiques. On s’est bien musclé les cuisses à Valpo. On était tellement bien à grimper dans nos petites colines, qu’on est allé voir ce qu’il se passait sur la côte uniquement parce qu’il y avait marché. Et quel marché! Bien populaire, c’est à qui gueulera le plus fort pour vendre ses fraises. On a fait nos petites emplettes et on est repartis dans nos collines avec une ceviche de reineta et des sopaipillas (le fameux pain frit, oui, oui).

J’ai fait mon baptême d’intoxication alimentaire ici, après un très mauvais pastel de choclo et j’en ai plus jamais avalé un depuis. Ce qui est vraiment dommage parce que je me faisais une joie de manger un pastel de choclo. C’est un peu comme un hachis parmentier, aux différences près qu’ils ajoutent du poulet et que la purée de maïs remplace la purée de pomme de terre. C’est très typical, si ca se trouve c’est le plat national. Sur le papier, ça me donnait vraiment envie. Mais on ne gagne pas à tous les coups. Et j’ai désormais décrété, le vainqueur du plat national, c’est le churrasco, point.

Un petit tour à la maison de Pablo Neruda (il fallait que je le place celui là), et c’est parti, en route vers le nord. Plus que 2000 km avant le Pérou!

Mathilde (& Tim)

English Version

We arrived in Santiago dazed and confused. We originally planned to reach the capital through the wine trail, but we preferred jumping on a crowded night bus rather than spending another single minute in the town of Concepción (misconception of Concepción). Nothing was booked and we barely knew anything about Santiago (up until this point, we were travelling without a guide book, genius idea).

6am. The buzz of the city wakes us up instantly. The avocado sandwich lady is packing up her stuff, she’s done. At 6am! We get going towards the only youth hostel with vacancy, right in the centre. We don’t miss the experiment of the mustard spray, a funny game that consists of spraying mustard on tourists to make them believe it is bird shit. The trick is, while wiping them off kindly (& while they’re under stress), to steal their bags, camera, wallet etc… Unfortunately for them it doesn’t work with us, Tim knows the rule. I am still covered with mustard. I have a very good feeling about you Santiago…

Let’s move on then, arriving at the most disgusting hostel in the whole Latin America (I skip the details), with the thinnest walls to separate my prison bunk bed from the sound system, that spits awful noises 24/7. Adding that we already lost our e-reader and that we are about to break the camera’s best lens. Nice to meet you Santiago.

We put things into perspective and realise that our misadventure is relatively cute, we don’t have to hurry back home.

We moved on from the day after, to a really nice neighbourhood. During three days, Santiago’s been : meeting with cool people, non stop sun, heat and pisco sours, long walks in the city, street art, wine, photos and one of the best restaurants of our trip. The city is full of small colourful neighbourhoods, trendy spots. It’s friendly and simple. Like the middle finger raised against the dark reality of its past. Santiago is creative, artistic. We felt like being in East London, sometimes. But it’s not show off. We felt hit by the energy of this city.

Disappointed with Chilean gastronomy until then, we went to make amends at Bocanáriz, in Lastaria neighbourhood, a small restaurant and wine bar that grew well and became one of these unmissable local foodie’s spot. Beef tartare with citrus notes (the meaty version of the ceviche), braised rabbit, beetroot and manchego puree, and the carbonara gnocchi or the almost burnt olive puree with mi-cuit salmon… A fusion cuisine we ran after for the rest of our Chilean experience, but we never found again. A huge wine list, 100% “independent” names, neat and classy. And we ordered everything we wanted by the glass. We really let ourselves go, that night.

And we carried on the following day. We met the super cool owners of the ice cream parlour Xoco Por Ti, a French-Chilean couple. They make chocolate ice creams, only chocolate. The best in the world. With Peruvian, Ecuadorian or Colombian cacao beans, they select themselves and give this beyond delicious result. It was the first time I ate a chocolate ice cream 100% cacao, the strongest one here. It is bitter indeed, barely any sweetness, powerful, incredible! Tim went for the Gianduja, with a 100% hazelnut sauce that was rich and nutty and retaining great cocoa notes. We really hope they’ll come to Europe soon (so you can try them too).

Of course we tried Chilean empanadas, and we thought the real deal was on the other side of the Andes. We even admitted it to some Chilean people and every time they answered that it was because we hadn’t tried their grandma’s yet. Ok, where’s grandma then?

Well, in that case, we just stuffed ourselves with churrasco. Churrascos are really good, they’re a bit like burgers. Tomato, avocado, mayo, the base. Added, some thin slices of salted & braised beef. A bit overcooked of course, but it is good. Tim cooked some before we left, delicious. Not as good as the one from Al La’o in Santa Cruz, but what do you want, he is not Chilean. I don’t want to sum up Chilean gastronomy to churrasco, that’s not nice. It’s a little bit like summing up British gastronomy to meat pies, not fair. At the same time, we didn’t find much better.

The sad thing is that they have the most beautiful produce (much better than in Argentina), delicious fruits and veg, fish… Great markets everywhere. But the kids are fat, they go to the supermarket to buy bottles of cola and eat churrascos.

We would have loved to stay another week in Santiago. But it is time for us to go and meet the very exciting Valparaiso, city of artists, an hour away from the capital.

Valparaiso, in a few words. It goes up and down the hill, buildings stacked up and up, non stop.

The city is tattooed with graffiti from head to toe. It is impressive! A real artistic village vibe, I guess some people get stuck here easily. Valparaiso never sleeps. From dawn till dusk and dusk till dawn, at every corner of every street, people are perfecting their guitar chords and warming up their hands on percussion. They sing, they drink, they smoke & they laugh no matter what the time is and it is normal.

Valpo (as they call it) is not out of realities either. It is a very touristy city. Dozens of groups are wandering around with a guide every day, ruining a bit the authenticity of the most typical “cerros”.

It was leg day everyday in Valpo. We were so happy to walk up and down these hills that we almost forgot to take a look at the coast line. Thankfully, it was market day. And what a market! Proper popular, who shouts the louder to sell his strawberries is the winner. We did our shopping (the only kind of shopping we do) and left towards our hills with sopaipillas (the fried bread) and ceviche of reineta (ray wing).

I had my first food poisoning here, after a very bad pastel de choclo, and I haven’t had another one since then. Which is a shame because I was super excited with the idea of finally eating my first pastel de choclo. It is similar to the cottage pie, the difference is that they add some chicken and the corn puree replace the potato one. It is a typical Chilean dish, its probably their national dish. But you don’t win at every ball throw, so I decided that churrasco is the winner, full stop.

A quick visit of Pablo Neruda’s home (we had to mention his name, at least), and let’s hit the road, North. Only 2000km before Peru!

Mathilde (& Tim)

They say it changes when the sun goes down

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2 thoughts on “From Santiago to Valparaíso

  1. I liked your post. We just did Santiago and Valparaiso as well.
    You had good observations too. We noticed the same thing, they do have the great ingredients but are not taking advantage of it and I agree furthermore, Argentinian food is incredibly delicious compared to Chilean.
    Ever been to Peru? That cuisine was top notch and surprised me.

    Like

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